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Euro-Institut
Institut pour la coopération transfrontalière

Les eurorégions : des laboratoires de l’intégration européenne ?

L’Euro-Institut a organisé le 16 octobre 2008 un séminaire sur les formes de la coopération dans les régions frontalières

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Légende (de gauche à droite) : Paul Witt (Directeur de la Hochschule Kehl), Anne Thévenet (Directrice adjointe de l’Euro-Institut), Monique Jung (Présidente de l’Euro-Institut), Michel Casteigts (Président d’honneur de l’Euro-Institut), Sven von Ungern-Sternberg (Vice-Président de l’Euro-Institut) et Joachim Beck (Directeur de l’Euro-Institut).

Eurorégion, Regio, Eurodistrict, Eurocité, Grande Région : il existe de nombreux termes pour désigner un regroupement d’autorités locales de différents États sur un même territoire transfrontalier.

La communauté urbaine de Strasbourg et l’Ortenaukreis ont choisi le terme d’« Eurodistrict » tandis que la Lorraine, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, la Région wallonne, la Communauté française et la Communauté germanophone de Belgique ont créé une « Grande région ». La coopération entre les pays limitrophes du lac de Constance prend quant à elle le nom de « Conférence internationale du Lac de Constance ».

Malgré des dénominations différentes, ces partenariats poursuivent tous le même objectif : améliorer le quotidien dans les régions frontalières grâce à une simplification de la coopération.

Quelle forme est la mieux adaptée pour quel projet ? C’est l’une des nombreuses questions qui ont été abordées ce jeudi 16 octobre 2008 par des représentants du Conseil de l’Europe, de la Mission Opérationnelle Transfrontalière et des praticiens venus de différentes régions frontalières de l’Union européenne.

Dans son exposé d’introduction, Birte Wassenberg, enseignante à l’université Robert Schuman (Strasbourg), a expliqué ce qu’on entendait par « Eurorégion ». Créées à l’origine dans l’objectif de réparer les cicatrices de l’Histoire entre les États de l’Union européenne, les Eurorégions sont souvent perçues aujourd’hui comme un moyen de favoriser à long terme l’émergence d’une Europe des régions.

Même si elle n’est pas officiellement une Eurorégion, la région du Rhin supérieur en a toutes les caractéristiques : Elle a une histoire commune, la coopération transfrontalière y a débuté peu de temps après la seconde guerre mondiale, et elle s’est dotée progressivement de nombreuses structures comme par exemple la Regio PAMINA ou la Regio Basiliensis. De plus, il s’agit d’un territoire très européen avec de nombreux projets co-financés par l’UE tels que le Pass-Musées ou l’indice sur la qualité de l’air du Rhin supérieur.

Le Rhin supérieur n’est pas le seul espace dans lequel la coopération transfrontalière a permis des avancées pour le citoyen. Ceci a été très bien démontré par des intervenants de l’Eurocité basque (frontière franco-espagnole), de l’Eurorégion Adria et de l’Eurorégion « Silésie Cieszynoise » (frontière tchéquo-polono-slovaque).

Monsieur Giampolo Cordiale, du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, a montré dans son intervention que les apports de la coopération transfrontalière ne se limitent pas forcément au niveau local : Ainsi, la coopération menée par les Etats riverains du Danube pour lutter contre la pollution du fleuve permet de préserver la mer Noire et du même coup la mer Méditarrannée. Cette coopération fait donc sentir ses effets jusqu’à l’Espagne.

Monique Jung, Présidente de l’Euro-Institut, a rappelé pendant la table ronde que l’obtention de financements de l’Union européenne ne devait pas être un but en soi, mais être au service de bons projets.

Michel Casteigts, Inspecteur général de l’administration francaise et professeur associé de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, a expliqué dans son intervention sur la répartition des compétences et des missions au sein des Eurorégions, que ces dernières devaient avant tout être un « espace public » au sens habermasien du terme, perçu de manière identique par les populations des deux côtés de la frontière. C’est seulement dans un tel espace que peuvent émerger des pratiques sociales et une opinion publique commune.

Roman Hertzog, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, a souligné quant à lui que les contenus et les objectifs d’une coopération sont beaucoup plus importants que la question des forme juridiques et que la population et ses besoins devaient être au coeur des préoccupations.

Cette manifestation marquait également le 15ème anniversaire de l’Euro-Institut. Michel Casteigts, Président fondateur de l’Euro-Institut alors qu’il était sous-préfet de Saverne, s’est vu remettre à cette occasion la présidence d’honneur de l’Institut.

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